Mention de source pour l’affiche: Amber Williams-King

Le Mois de l’histoire des Noirs est un moment pour réfléchir aux contributions et à l’héritage que les Noirs ont apporté à nos lieux de travail et à nos collectivités et de raconter ces histoires que les gens ignorent trop souvent. Célébrer l’histoire des Noirs est également un moment pour reconnaître l’importance de la résistance et de la lutte et de réaffirmer notre engagement à éliminer le racisme à l’égard des Noirs au sein du mouvement syndical et de la société.

Il est important de se rappeler que les syndicats ont déjà interdit les membres noirs. La Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs, fondée en 1918, à Toronto, a été un chef de file pour renverser cette pratique discriminatoire. Stanley Grizzle a été élu président de sa section locale et il a exercé des pressions sur le Chemin de fer Canadien Pacifique pour qu’il ouvre les portes de la direction aux Noirs. En 1959, M. Grizzle et Jack White ont été les premiers candidats noirs à se présenter à une élection à l’Assemblée législative de l’Ontario pour la Fédération du commonwealth coopératif (CCF). Jack White a également été le premier représentant noir élu des travailleurs du fer et un des premiers Noirs à être conseiller syndical du SCFP.

Le SCFP, qui a été créé en 1963, a travaillé à améliorer son dossier en matière de lutte contre le racisme à l’égard des Noirs au fil des ans. En 1977, il a créé le premier manuel d’action positive pour les sections locales : Égalité des chances au travail. En 1980, le Conseil exécutif national du SCFP a nommé le premier agent à l’égalité des chances du SCFP. Le Congrès de 1981 a promis de lutter contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophonie. Au cours des années 1980, les sections locales du SCFP ont tenté d’obtenir des interdictions d’investissements des fonds de pensions dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et un boycott des produits provenant d’Afrique du Sud par les hôpitaux, les municipalités, les foyers de soins infirmiers, les écoles et les universités. Une visite de Nelson et Winnie Mandela au SCFP national en 1990 a déclenché la création d’un fonds pour soutenir le mouvement démocratique en Afrique du Sud.

Il y a eu, au cours des années 1990 et 2000, d’autres projets du SCFP pour des lois impératives sur l’équité salariale et l’équité en matière d’emploi, l’organisation de la toute première conférence sur la lutte contre le racisme du SCFP, des forums pour les membres et les membres du personnel afin d’élaborer des plans d’action pour la lutte contre le racisme, la formulation de documents d’orientation sur le racisme et l’équité en matière d’emploi, la création de sièges au Conseil exécutif national et au Conseil exécutif de l’Ontario assurant une plus grande diversité, des présentations lors des congrès des divisions pour faire de l’équité en matière d’emploi une priorité de négociation et le soutien pour le mouvement Black Lives Matter.

Malgré ces mesures, les membres noirs du SCFP ont souvent été victimes de discrimination au sein de notre mouvement – que ce soit des obstacles à l’emploi, des discours haineux à caractère racial, un manque de postes à la direction et de postes de membres du personnel du SCFP ou une indifférence pour leurs problèmes et préoccupations en tant que travailleurs racisés. Ces faits témoignent de la nature persistante du racisme à l’égard des Noirs au sein de notre mouvement et de la société en général.

Le SCFP-Ontario maintient son engagement à éliminer le racisme à l’égard des Noirs au sein de nos collectivités et de notre mouvement. Notre Congrès de 2018 a ordonné la création d’un plan d’action organisationnel sur la lutte contre le racisme et d’un plan d’action externe de lutte contre le racisme afin de lutter contre le racisme à l’égard des Noirs au sein du SCFP lui-même, parmi nos membres et au sein des collectivités dans lesquelles ils vivent. Ce plan sera mis en œuvre au cours de l’année 2019. Le SCFP-Ontario et le Comité de la justice raciale du SCFP-Ontario travaillent également avec d’autres organisations afin d’organiser des campagnes visant à combattre la suprématie blanche sur les campus, de soutenir des mouvements de la base qui luttent contre le racisme, comme Black Lives Matter, et de résister aux politiques du gouvernement conservateur de Doug Ford qui nuisent aux travailleurs et aux communautés racisées.

Il y a ceux qui aimeraient nous faire croire que la lutte contre le racisme en Ontario est sur la bonne voie d’être remportée. Un rapport de 2018 de la Commission ontarienne des droits de la personne conclut toutefois que les Noirs ont été « largement surreprésentés » dans les incidents où les policiers ont usé de force entraînant une blessure ou la mort. La montée de l’extrême droite, représentée par des personnes comme Donald Trump et Doug Ford, a encouragé les extrémistes à diffuser des points de vue racistes, islamophobes et antisémites. Selon Statistique Canada, les crimes haineux ont atteint un niveau record en 2017. Les communautés racisées continuent également d’être confrontées à des niveaux de pauvreté élevés : bien que le taux de pauvreté global au Canada soit de 11 %, il est de 22 % pour les personnes racisées.

Bien que l’Ontario ait supposément interdit la collecte arbitraire de cartes d’indentification en fonction de la race – une pratique connue sous le nom de fichage – la police est toujours libre de faire du fichage alors qu’elle enquête sur des crimes ou lors de contrôles routiers. Qui plus est, il n’y a pas d’interdiction fédérale officielle en matière de profilage racial. Les personnes racisées sont surreprésentées dans notre système carcéral et sous-représentées dans la vie économique, social et politique.

Le discours et les politiques du gouvernement conservateur affectent de façon disproportionnée les communautés racisées. Le premier ministre Ford a réduit le financement de la Direction générale de l’action contre le racisme et a affirmé ne pas soutenir la discrimination mais qu’il croit qu’un « certain fichage est nécessaire ». Lors des élections provinciales de 2018, Doug Ford a tourné le dos au premier débat officiel des chefs de la province organisé par la communauté noire. En décembre 2018, Doug Ford a coupé plusieurs millions de dollars en financement pour les programmes spécialisés, dont bon nombre viennent en aide aux jeunes à risque provenant de communautés racisées. Son recul sur des réformes clés du travail en vertu du projet de loi 148, dont l’annulation du salaire minimum à 15 $ de l’heure, a affecté de façon disproportionnée les travailleurs racisés.

En ce Mois de l’histoire des Noirs, nous ne devons pas oublier l’héritage et les contributions des Canadiens noirs et la riche histoire de la résistance sur lesquels nous comptons aujourd’hui alors que nous continuons de renforcer notre pouvoir pour lutter contre le racisme à l’égard des Noirs. L’histoire des Canadiens noirs souligne, fondamentalement, que la quête pour la justice raciale et la quête pour la justice économique sont interconnectées. Le SCFP-Ontario se rappellera de cette histoire alors qu’il tente de faire tomber les obstacles à la pleine participation des membres noirs aux activités de notre syndicat et de nos lieux de travail.

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