L’insuffisance du financement gouvernemental contraint les hôpitaux à réduire leur personnel de première ligne. 

Une nouvelle vague de suppressions d’emplois déferle sur l’hôpital St. Joseph’s Healthcare Hamilton. Selon le SCFP, cette situation nuira à la prestation des soins en entraînant une augmentation des ratios infirmière/patient(e)s, une baisse de la qualité et de la rapidité des soins, une hausse des temps d’attente, ainsi qu’une dégradation encore plus grande de l’accès aux services hospitaliers.

Rick Rigby, président du SCFP 786, qui représente plus de 2 000 travailleuses et travailleurs au centre St. Joseph’s Healthcare Hamilton, affirme que la décision de l’hôpital d’embaucher des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés (IAA) et des préposé(e)s aux soins personnels ne compensera pas la perte d’infirmières et infirmiers autorisés.

« Tout compte fait, ces 24 emplois perdus viennent s’ajouter à la soixantaine d’autres déjà supprimés plus tôt cette année, alors que le personnel implore qu’on lui accorde plus de soutien, se désole Rick Rigby. Les travailleuses et travailleurs de première ligne n’en peuvent plus des lourdes charges de travail qui les empêchent de prodiguer des soins à la hauteur de leurs espérances. C’est d’ailleurs pourquoi ces braves gens sombrent dans l’épuisement professionnel et quittent le milieu de la santé. Il est donc inconcevable que notre employeur et le gouvernement provincial ignorent leurs préoccupations. »

Pour 2025-2026, le gouvernement a augmenté de 1,7 % le financement de base de l’hôpital St. Joseph’s, un montant bien inférieur à celui reçu par beaucoup d’autres établissements, comme le Hamilton Health Sciences. En tenant compte de l’ensemble du financement offert par le ministère de la Santé, l’hôpital St. Joseph’s a reçu une augmentation annuelle de 0,2 %.

Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario affilié au SCFP, déplore que l’élimination de 57 postes d’infirmières et infirmiers autorisés découle d’une réduction du financement réel par le gouvernement provincial.

Il ajoute que d’autres hôpitaux ontariens ont licencié des effectifs de première ligne, dont des centaines d’infirmières et d’infirmiers autorisés (et auxiliaires autorisés), de préposé(e)s aux soins personnels, de concierges et de membres du personnel administratif.

« Pour arriver à suivre la demande croissante liée au vieillissement de la population et à la hausse démographique, les hôpitaux de l’Ontario ont besoin de plusieurs milliers d’autres travailleuses et travailleurs de la santé, révèle Michael Hurley. Dans une province où les hôpitaux comptent moins d’infirmières et d’infirmiers que partout ailleurs au pays et où le ratio employé(e)s/patient(e)s est le moins élevé, ces coupes sont complètement injustifiées. »

« D’autres provinces, comme la Colombie-Britannique et le Manitoba, ont introduit des ratios infirmière/patient(e)s à respecter pour fournir des soins sécuritaires et de qualité, ajoute Michael Hurley. Le gouvernement de l’Ontario, lui, ignore les demandes visant à atteindre un niveau de dotation sécuritaire en personnel infirmier, et ce sont les patient(e)s qui en paient le prix avec une hausse d’erreurs médicales et des temps d’attente qui explosent. »

« Si l’hôpital St. Joseph’s cherche des postes de dépense où économiser facilement, il devrait annuler son contrat d’entretien immobilier de 300 millions de dollars sur 10 ans pour plutôt superviser lui-même une équipe de 10 personnes », termine Rick Rigby.

Le SCFP prévoit tenir un rassemblement à l’hôpital le 20 août pour dénoncer les suppressions d’emplois.