Les travailleuses et travailleurs du Scarborough Health Network ont tenu un rassemblement le 27 juillet pour protester contre la pénurie de personnel et les montées de violence au travail

Les 2 500 travailleuses et travailleurs de première ligne du Scarborough Health Network (SHN) représentés par le SCFP voient la crise du personnel s’accentuer, les hôpitaux continuant de couper des postes pour tenter d’éponger le déficit de 36 millions de dollars du réseau.

Le sous-financement chronique a mené à une grave réduction des investissements et de la capacité des hôpitaux, alors qu’en parallèle, la demande en services hospitaliers ne fait que croître.

Le SCFP avait sondé ses membres du SHN fin 2025 et découvert que les patient(e)s comme les travailleuses et travailleurs écopaient tous. En effet, 71 % des 551 répondant(e)s indiquaient que le manque de personnel nuisait aux soins aux patient(e)s.

Les incidents de violence augmentent quand les patient(e)s finissent par s’énerver en raison des longs temps d’attente dans des salles souvent bondées et des soins déficients dus au manque de personnel. En fait, 42 % des répondant(e)s au sondage avaient déjà essuyé des éclats de violence, et même de violence physique (20 %).

« Les gens de Scarborough ont droit à des soins de santé complets, de qualité, et prodigués dans des délais qui ont du sens », a insisté Stacy James, présidente du SCFP 5852. « Les travailleuses et travailleurs de la santé font déjà tout leur possible pour bien prendre soin des patient(e)s. Notre système ne tiendra pas le coup en l’absence d’un financement adéquat du gouvernement. Le manque de personnel et de ressources crée des conditions de travail dangereuses pour les patient(e)s comme pour les travailleuses et travailleurs. Les patient(e)s attendent des heures et des heures avant d’être traité(e)s, et le personnel se brûle à tenter d’offrir le niveau de soins que la population mérite. Les soins de santé, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. »

L’effectif du SHN compte une grande proportion de femmes et de personnel racisé, qui font déjà face à différents obstacles. Ajoutez-y une charge de travail accablante dans un environnement de plus en plus hostile, et vous avez la recette parfaite de l’épuisement émotionnel et physique.

« Nos hôpitaux manquent d’effectif et sont sous-financés », a réitéré Michael Hurley, président de la division hospitalière du SCFP, qui représente 46 000 travailleuses et travailleurs, parmi lesquels les employé(e)s du SHN. « C’est tout simplement impossible, dans ces conditions, d’offrir aux patient(e)s le niveau de soin auquel ils ont droit. Le gouvernement Ford fait exprès pour déstabiliser nos hôpitaux et miner le système de santé public. Il ouvre ainsi la porte au privé. Et le personnel des hôpitaux et les patient(e)s en paient le prix. On va tout faire en notre pouvoir pour que ça change. »

En juin, la chef de l’opposition officielle Marit Stiles, du NPD de l’Ontario, avait signé avec Stacy James et Michael Hurley une lettre ouverte à la ministre de la Santé demandant du soutien au personnel de première ligne du SHN. La question du financement des hôpitaux et de leur capacité sera centrale lors de l’élection partielle qui aura bientôt lieu dans la circonscription provinciale de Scarborough Southwest.

Le rassemblement s’est tenu à l’hôpital Birchmount de Scarborough. Les dernières données de Santé Ontario sur la qualité des soins indiquent que seulement 22 % des patient(e)s allant aux urgences de l’hôpital de Scarborough sont admis(e)s dans le délai cible de 8 heures – la moyenne étant à 21,5 heures, bien au-dessus de la moyenne provinciale.