L’histoire des parents avec les services de garde au Canada est bien connue. Les places en services de garde réglementés pour les enfants sont impossibles à trouver et sont excessivement chères.

Mais notre syndicat représente des milliers de travailleurs qui subissent la crise des services de garde de l’intérieur. Ce sont les éducateurs de la petite enfance, les cuisiniers, les responsables du ménage, les administrateurs. Et leur histoire en est une de lutte – la lutte pour un travail décent et l’égalité.

Nos membres qui travaillent dans les services de garde – tout comme toutes les personnes qui travaillent dans le secteur – sont parmi les travailleurs les plus sous-évalués et sous-payés au pays. Ils gagnent à peine un peu plus que le salaire minimum, n’ont aucun régime de retraite et leurs prestations de maladie sont parmi les pires dans le secteur public.

Ils n’ont aucune sécurité d’emploi. Les garderies où ils travaillent sont constamment menacées de fermeture en raison d’un financement inadéquat. De plus, bon nombre de nos membres ne peuvent pas occuper leur emploi pendant une longue période parce que les salaires et les conditions de travail sont si mauvais.

Dans de nombreuses collectivités, travailler comme éducateur de la petite enfance est l’emploi le moins bien rémunéré qui soit – et ce malgré le fait que cela nécessite un diplôme d’enseignement postsecondaire, une formation continue et un niveau de compétence élevé.

Nos membres qui travaillent dans le secteur des services de garde sont dans une meilleure position que la plupart des gens puisqu’ils sont couverts par une convention collective et qu’ils ont un syndicat qui les représentera.

Mais je dois être honnête. Même si recrutons des travailleurs des services de garde depuis plus de cinquante ans et que nous négocions pour eux depuis aussi longtemps, nous n’avons pas fait énormément de progrès – et cela parce que le système joue contre nous.

À part le Québec, le coût des services de garde est payé presqu’en totalité par des frais facturés aux parents. Les gouvernements ne contribuent pratiquement rien sous forme de fonds de roulement directs. Cela signifie que chaque fois que nous négocions une amélioration avec un coût qui y est rattaché – chaque fois que nous faisons une percée – les frais facturés aux parents augmentent.

Pour les parents qui paient déjà plus que ce qu’ils peuvent se permettre, cela signifie qu’ils doivent retirer leurs enfants et trouver une solution alternative, et cela met la viabilité de la garderie en danger. C’est une situation où tout le monde est perdant.

Les gouvernements sont ici à New York pour discuter des protections sociales et des services publics qui sont nécessaires pour assurer l’égalité des sexes. Eh bien, ils devraient plutôt discuter de services de garde.

Parce que jusqu’à ce que l’accès à des services de garde accessibles soit traité comme étant un droit – jusqu’à ce que les gouvernements cessent de considérer les services de garde comme étant la responsabilité individuelle des parents ou des familles – jusqu’à ce qu’ils décident d’offrir des services de garde sous forme de service public universel, nous ne parviendrons pas à l’égalité des sexes.

Les personnes qui travaillent dans les services de garde – en majorité des femmes – ne verront pas l’égalité sans un important changement au système. Et sans un important changement au système, les mères devront rester à l’écart de la population active parce qu’elles sont incapables de trouver une place en garderie ou parce qu’elles ne peuvent pas payer les frais pour une telle place.

Et, en tant que dirigeante syndicale et mère d’un jeune enfant, j’affirme qu’il est maintenant temps de changer les choses. Il est temps que les gouvernements reconnaissent sérieusement la contribution précieuse des travailleurs en garderie et qu’ils financent les services de garde comme étant un service public universel, ce qui contribuera de manière considérable à l’atteinte de la réelle égalité des sexes pour les travailleurs et pour les parents.

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