Les travailleuses et travailleurs en santé publique de Windsor-Essex ont voté à l’unanimité en faveur de la grève après des années de baisse nette de salaire, d’augmentation de la charge de travail et d’aggravation de la pénurie de personnel. Le vote de grève a eu lieu alors que les services de santé du comté de Windsor-Essex ont décidé d’entamer des rénovations des bureaux de 1,1 million de dollars financées par la province, mais que les travailleuses et travailleurs se font dire en parallèle qu’il est impossible de leur offrir un juste salaire.

Le SCFP 543-03 compte environ 125 membres agissant comme inspectrices et inspecteurs de la santé publique, travailleuses et travailleurs du secteur des services sociaux, spécialistes de la santé buccale, agent(e)s d’application des lois antitabac et antivapotage, et autres emplois essentiels pour protéger la santé de la population de Windsor et d’Essex. Ces personnes inspectent les restaurants et les plages, vérifient les fontaines d’eau potable, animent des programmes de santé dans les écoles et les communautés vulnérables, et veillent à prévenir la propagation des maladies infectieuses. Au plus fort de la saison du tourisme et de la fréquentation des plages à Windsor-Essex, leur travail permet notamment aux résident(e)s et aux touristes de profiter des plages locales sans souci.

« C’est honteux de constater à quel point le comté et la province ont rapidement oublié à quel point il était important d’investir dans la santé publique », se désole Leah Murphy, présidente de l’unité 03 du SCFP 543. « On ne peut pas laisser les fontaines d’eau potable se dégrader faute de tests, les infections transmissibles sexuellement se multiplier faute de ressources, et les travailleuses et travailleurs en santé publique quitter faute de salaire décent. Chaque année, on demande à nos membres d’en faire toujours plus avec moins, et la population de Windsor-Essex en paie le prix. »

La santé publique est sous-financée partout en Ontario, mais les problématiques à Windsor-Essex sont de plus en plus difficiles à ignorer. Le personnel d’expérience s’en va travailler dans des services de santé plus rémunérateurs et offrant de meilleures conditions, et les employé(e)s qui restent se retrouvent avec de plus en plus de choses à gérer pour protéger la santé publique. L’an dernier, on a confirmé 122 cas de syphilis à Windsor-Essex, comparativement à seulement 16 il y a dix ans, et la résurgence de la rougeole en Ontario demande une vigilance accrue.

Or, les salaires n’ont absolument pas suivi l’inflation depuis deux conventions collectives. Pendant quatre ans, les travailleuses et travailleurs n’ont eu droit qu’à 1 % d’augmentation annuelle, et on leur propose encore la même chose pour la prochaine convention.

« Mais ce n’est pas qu’une question de salaire, ajoute Leah Murphy. Si Windsor-Essex veut avoir une bonne santé publique, il doit être capable de recruter et de fidéliser les professionnel(le)s qui veillent sur nos aliments, notre eau, nos écoles et nos plages. À l’heure actuelle, le personnel compétent préfère aller vers les services de santé voisins, car il y gagne mieux sa vie et y vit moins de stress. Ça ne peut pas durer ainsi. N’oublions pas que ce sont les habitant(e)s de Windsor-Essex qui, au final, en subissent les conséquences. »

Les deux parties reprendront les négociations en présence d’un(e) agent(e) de conciliation le 29 juillet.