TORONTO (ONTARIO) – Le rapport initial de Reuben Devlin, « l’expert » du gouvernement conservateur ontarien, ne peut être perçu que comme un échec lamentable, une incapacité épique à affronter la réalité derrière la présence de patients dans les salles de bain et les corridors des hôpitaux surpeuplés », estime Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO), la grande division hospitalière du Syndicat canadien de la fonction publique en Ontario. « M. Devlin tourne le dos à la crise de capacité dans nos hôpitaux. »

« Les preuves montrent que l’Ontario a un problème de capacité hospitalière, de manque de lits et de personnel, développe-t-il. En tentant de décrire ce problème comme un engorgement au niveau des autres niveaux de soins (ANS), on fait fi d’études scientifiques qui suggèrent qu’au moins un tiers des patients désignés comme ANS souffrent de plusieurs affections et nécessitent une hospitalisation en soins de courte durée. »

Le CSHO exhorte le premier ministre et le ministre de la Santé à faire passer l’intérêt des patients avant l’intention de leur gouvernement de réduire les impôts et d’amputer des milliards de dollars à l’enveloppe des services publics. Qu’ils examinent plutôt la preuve irréfutable qu’il faut investir dans nos hôpitaux et ajouter des lits pour éradiquer la médecine de couloir.

M. Hurley souligne que les problèmes d’accès et de capacité auxquels le système hospitalier ontarien est confronté ne feront que s’aggraver. « Ce qu’il faut, ce n’est pas un investissement permanent ni une expansion, mais des investissements importants et des lits pour couvrir les besoins hospitaliers des 25 prochaines années, après quoi la vague démographique reculera et les besoins diminueront. L’Ontario n’a pas tourné le dos à la réalité du baby-boom; elle ne doit pas laisser tomber cette génération à mesure qu’elle vieillit et que ses besoins en soins de santé augmentent. »

« Le plus cynique dans le rapport Devlin, précise M. Hurley, c’est qu’il écrase l’accès aux services hospitaliers, déjà le plus difficile au pays, pour financer d’énormes réductions d’impôt pour les entreprises et les riches, ces impôts étant déjà les plus bas en Amérique du Nord. »

Au cours des deux dernières décennies, malgré l’explosion démographique de l’Ontario, on a supprimé près de 18 000 lits dans les hôpitaux. Cela entraîne un surpeuplement à longueur d’année, pas seulement pendant les pics de la saison de la grippe. L’Ontario dépense moins en soins hospitaliers que les autres provinces, environ 400 $ de moins par patient, bien qu’elle soit la plus riche. Les patients ontariens reçoivent une demi-heure de moins de soins infirmiers par jour; ils ont aussi la plus courte durée d’hospitalisation.

Des études montrent que quelques minutes supplémentaires de soins au lit améliorent considérablement le rétablissement des patients. L’Ontario se démarque par son manque de capacité hospitalière par rapport au Canada et, surtout, aux pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), note M. Hurley : « Il s’agit toutefois d’un chef de file mondial en matière de réadmissions à l’hôpital, signe révélateur d’un manque de capacité qui pousse les gens à quitter l’hôpital trop tôt, au point de devoir revenir pour une réhospitalisation plus longue et plus coûteuse. C’est une défaillance du système qui en dit long. »

Le traitement de M. Devlin contre la surpopulation hospitalière fait écho à une vieille ordonnance de l’ancien gouvernement libéral : remplacer les soins hospitaliers par des soins à domicile. « Nous avons bien besoin de plus de soins à domicile pour suivre le rythme des sorties d’hôpital et éviter des hospitalisations, mais ceux-ci ne remplacent pas la capacité d’accueil des hôpitaux. On s’en sert comme excuse simplement pour éviter d’ajouter des lits dont les hôpitaux ont grandement besoin. Si le premier ministre Ford remplit l’ordonnance du ministre Devlin, attendez-vous à une explosion de la médecine de couloir. »

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