TORONTO (ONTARIO) – Selon un nouveau sondage publié récemment qui a été effectué auprès des travailleurs des soins de longue durée de première ligne, les membres du personnel, particulièrement les travailleurs racisés, des dix établissements de soins de longue durée de Toronto sont victimes d’un niveau élevé de violence, d’abus et de harcèlement.

C’est la première fois que la section locale 79 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) sonde ses membres des soins de longue durée par l’entremise de ce sondage – membres qui sont majoritairement des femmes – sur leurs expériences de violence au travail dans les soins de longue durée d’après le rôle que joue leur travail et leur sexe.

Bien que les établissements de soins de longue durée municipaux de Toronto soient parmi les leaders dans le secteur lorsqu’on parle de qualité des soins offerts aux résidents, les conclusions du sondage montrent qu’ils ne sont pas à l’abri des taux élevés d’abus de la part des résidents ou des membres de leur famille contre le personnel de première ligne. Le sondage montre également qu’il y a un manque de rapport quant à la fréquence de la violence parce que seulement une partie des membres du personnel font des rapports d’incident relativement à la violence subie.

Quatre-vingt-sept pour cent des préposés aux services de soutien à la personne et 77 % des infirmiers auxiliaires autorisés qui ont répondu au sondage ont affirmé avoir été victimes de violence physique de la part de résidents ou de membres des familles. Mais seulement 49 % des préposés aux services de soutien à la personne et 35 % des infirmiers auxiliaires autorisés font des rapports documentant la violence. Une autre conclusion importante du sondage de Toronto est que 74 % de tous les répondants qui se sont identifiés comme étant des Autochtones, des personnes racisées, des immigrants récents ou des minorités visibles ont été victimes de harcèlement ou d’abus. De ce nombre, 31 % ont affirmé avoir été victimes de violence ou d’abus racial ou culturel au moins une fois par semaine. Seize pour cent rapportent que cela leur arrive chaque jour.

La semaine prochaine, le conseil municipal de Toronto examinera une motion visant à mettre en œuvre une stratégie de renforcement des soins aux résidents ‘axés sur les émotions » et de création d’un plan d’embauche et de recrutement graduel sur plusieurs années afin de répondre aux besoins de plus en plus grands et complexes des résidents des établissements de soins de longue durée.

« Il est impératif que les conclusions de ce sondage soient examinées sérieusement maintenant que les administrateurs municipaux examinent comment améliorer les soins et la dotation en personnel dans nos établissements de Toronto », de dire David Mitchell, président de la section locale 79 du SCFP. « En plus du taux généralement élevé de violence que subissent les préposés aux services de soutien à la personne et les infirmiers auxiliaires autorisés, le fait que tant de membres du personnel qui subissent des abus et qui attribuent directement ces abus à leur race devrait être extrêmement préoccupant pour les administrateurs. »

Être victime de violence entraîne également des séquelles débilitantes pour les préposés aux services de soutien à la personne. Presque chaque jour, 73 % des préposés aux services de soutien à la personne qui ont répondu au sondage affirment subir un niveau élevé d’anxiété, de dépression et d’épuisement émotionnel lié aux conditions de travail. Au cours de la dernière année, 59 % des préposés aux services de soutien à la personne et 55 % des infirmiers auxiliaires autorisés ont songé à quitter leur emploi en raison du stress ou de la violence. Quatre-vingt-onze pour cent de tous les répondants croient qu’avoir un plus grand nombre de membres du personnel aiderait à prévenir la violence, tandis que seulement 35 % de tous les répondants croient que les résidents reçoivent des soins adéquats avec la charge de travail et les niveaux de dotation en personnel actuels.

Une enquête approfondie des travailleurs des soins de longue durée de l’Ontario intitulée Breaking Point: Violence Against Long-term Care Staff (« Point de rupture : la violence à l’égard du personnel des soins de longue durée »), effectuée par les chercheurs canadiens James Brophy et Margaret Keith (Université de Windsor et Université de Stirling au Royaume-Uni), appuie les conclusions du sondage. En effectuant des entrevues poussées, les chercheurs ont entendu de nombreuses histoires de membres du personnel des soins de longue durée qui ont reçu des coups de pied et des coups de poing, qui saignent et qui sont épuisés, physiquement et psychologiquement.

« Les conclusions du sondage et de l’enquête montrent clairement que, dans un secteur en grande partie composé de femmes où le travail se fonde sur la compassion et la sollicitude, on demande aux membres du personnel eux-mêmes de tolérer un environnement dans lequel les agressions physiques, verbales, raciales et sexuelles sont endémiques. À leur fardeau s’ajoute la menace implicite d’une sanction ou d’un licenciement si elles dénoncent ces abus publiquement », de dire Mme Keith.

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Pour obtenir des renseignements supplémentaires, veuillez communiquer avec :

Stella Yeadon, Service des communications du SCFP, au 416-559-9300 ou à [email protected]

SEPB491/EW

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