TORONTO (ONTARIO) – Le gouvernement provincial a fait la sourde oreille, pendant près de vingt mois, aux avertissements provenant des premières lignes du système de santé ontarien, des avertissements concernant la pénurie de personnel et d’équipement de protection adéquat. « Aujourd’hui, la crise de main-d’œuvre est si grave dans certains hôpitaux que, pour garder les urgences et les lits ouverts, on exige que le personnel directement exposé à la COVID travaille en attendant le résultat du test », explique Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHOSCFP). « Cette pratique met en danger les patientes et patients, surtout ceux dont le système immunitaire est affaibli, ainsi que les autres membres du personnel. »

En pleine vague d’Omicron, les hôpitaux ontariens réduisent les programmes et font du délestage de chirurgies pour compenser. La pénurie de personnel est généralisée, les hôpitaux ontariens n’étant pas en mesure de trouver du personnel soignant pour combler les lacunes.

Utiliser du personnel qui a été directement exposé à des personnes positives à la COVID au lieu de les faire s’isoler à la maison est une pratique très risquée. Celle-ci se fonde sur la théorie erronée selon laquelle l’équipement de protection individuelle protégera la clientèle dont ces personnes s’occupent et les autres membres du personnel. C’est faire courir un risque important à tout le monde. Huit cent soixante patientes et patients sont déjà décédés de la COVID contractée à l’hôpital; beaucoup de ces décès étaient certainement évitables.

« Dans le cadre de la flambée actuelle et compte tenu du manque de personnel et de l’épuisement pandémique, on ne peut pas risquer de perdre plus de personnel de première ligne parce qu’on aurait à nouveau sous-estimé le risque de propagation de l’infection et oublié le principe de précaution, insiste M. Hurley. Ces pratiques ne font que renforcer l’opinion que les hôpitaux et le gouvernement ne se soucient pas du bien-être de la clientèle et du personnel de la santé. »

Selon lui, la solution à la crise du personnel est de faire tout notre possible pour protéger le personnel que nous avons : « Il s’agit de rendre les emplois dans les soins de santé décemment rémunérés et à temps plein. Il s’agit aussi d’accorder à ces gens un peu de répit auprès de leurs proches, chose qu’ils n’ont pas eue depuis deux ans. »

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