Image shows Toronto's Old City Hall from below, looking up. Canada and Ontario flags, among others, are flying on flag poles partway up the building, above large stone arches that form the entrance to the building.

Conscient de l’inflation, le premier ministre Doug Ford a promis d’être « équitable » lors des prochaines négociations dans le secteur public.

Les syndicats affirment que c’est impossible avec le projet de loi 124, mais Doug Ford n’a pas écarté l’abrogation du projet de loi, qui plafonne les augmentations de salaire dans le secteur public à un pour cent par année (bien que le Conseil du Trésor ait constaté qu’il est encore possible pour les travailleurs d’obtenir des hausses de salaire pour l’ancienneté, le rendement ou de meilleures qualifications).

« Je crois fermement que lorsqu’il y a inflation, nous devons traiter les gens de manière équitable », d’affirmer Doug Ford, vendredi matin, au lendemain des élections, lorsqu’on lui a posé directement une question à ce sujet. « Ils travaillent fort, ils font un excellent travail et nous dépendons d’eux. Je suis donc reconnaissant envers tout le monde, particulièrement envers les infirmières. »

Les syndicats qui représentent ces travailleurs affirment que l’abrogation du projet de loi 124 est le premier pas vers une entente équitable.

« Lorsqu’un travailleur en garderie ou un travailleur aux services aux personnes atteintes d’un handicap de développement gagne entre 35 000 et 38 000 $ par année et qu’il est incapable d’obtenir une augmentation de salaire de plus d’un pour cent, cela signifie que son salaire diminuera de façon importante par rapport à l’inflation. Ce qui est déjà le cas », de dire Fred Hahn, président du SCFP-Ontario.

L’inflation a atteint presque sept pour cent (en anglais seulement) cette année.

Doris Grinspun, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario, a affirmé qu’elle espérait que Doug Ford abroge le projet de loi étant donné la promesse qu’il a faite dans le cadre de son discours à la suite de sa victoire (en anglais seulement) à l’effet qu’il allait travailler avec tout le monde, y compris les syndicats. Mme Grinspun a affirmé l’avoir invité à l’assemblée générale annuelle de l’Association, vendredi, ce qu’elle considère être l’occasion parfaite pour annoncer l’élimination du projet de loi 124.

Mme Grinspun a ajouté qu’il y aura une hausse de la COVID-19 en Ontario à l’automne et elle a affirmé que la province devrait s’efforcer de conserver le plus grand nombre de travailleurs de la santé possible afin de s’y préparer.

La pénurie de personnel est une « crise », a-t-elle dit, « que je n’ai jamais jamais (vue) de ma vie, dans aucun des quatre pays où j’ai travaillé ».

Selon elle, on le ressent partout dans le monde – mais le projet de loi 124 aggrave encore plus les choses en Ontario.

« Que regardiez les physiothérapeutes, que vous regardiez les inhalothérapeutes dont vous avez besoin pour tout type de chirurgie importante… c’est dans toutes les professions », a-t-elle mentionné.

Les travailleurs du secteur public sont uniquement assujettis au plafond d’un pour cent lorsqu’ils négocient une nouvelle entente. Une fois une « période de modération » de trois ans terminée en vertu de ce plafond, leurs syndicats peuvent négocier sans plafond.

Les 60 000 travailleurs hospitaliers membres du SCFP-Ontario sont en négociation en ce moment. Leurs périodes de modération ne sont pas terminées, ce qui signifie qu’ils pourraient être « bloqués » avec des salaires sous l’inflation, « ce qui aggraverait le manque criant de personnel dans les soins de santé », d’affirmer Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario.

Des milliers d’autres membres dans des secteurs comme le travail de conciergerie, les services alimentaires et les professeurs associés négocient en ce moment ou le feront sous peu, d’affirmer Fred Hahn.

Les syndicats de la construction, où la majorité des travailleurs sont des hommes, ont obtenu des ententes plus élevées récemment, a mentionné M. Hurley. « Les travailleuses des soins de santé ne doivent pas être mises de côté. Nous sommes heureux que le premier ministre ait semblé le reconnaître. »

Les 55 000 travailleurs de l’éducation membres du SCFP-Ontario ont signifié un avis de négocier le lendemain des élections. Les contrats des enseignants arrivent à échéance le 31 août. Les prochaines ententes de ces groupes ne seront pas assujetties au projet de loi 124.

En théorie, une fois que tous les travailleurs du secteur public ont « purgé leur peine », ce sont les mots que Fred Hahn a utilisés, le projet de loi 124 sera caduque. Mais Fred Hahn a mentionné que le gouvernement pourrait tout simplement ajouter un règlement pour trois nouvelles années – ou adopter une nouvelle loi pour faire la même chose.

Bien que les conservateurs se soient efforcés de créer des liens avec les syndicats du secteur privé (en anglais seulement), leur relation avec le secteur public est tendue, c’est le moins que l’on puisse dire. Les syndicats ont attaqué Doug Ford relativement au projet de loi 124 – particulièrement les travailleurs de la santé qui considèrent que c’est une claque en plein visage pour le travail qu’ils ont fait pendant la pandémie et une des raisons principales qui expliquent la perte d’infirmières en Ontario (en anglais seulement).

Doug Ford a encensé les infirmières et d’autres travailleurs de la santé pendant la pandémie. Son gouvernement a également accordé des primes de fidélisation de 5 000 $ (en anglais seulement) aux infirmières et une hausse de salaire de 2 à 3 $ de l’heure (en anglais seulement) aux préposés aux services de soutien à la personne.

Doug Ford a affirmé vendredi qu’il considère les syndicats des secteurs public et privé différemment. Il a suggéré que certains leaders syndicaux sont déconnectés de leurs membres, affirmant que des professeurs lui ont souvent dit qu’ils votaient « bleu ».

Pendant la campagne, M. McNaughton a dit à QP Briefing qu’il a réussi à trouver plus de terrain d’entente avec les syndicats du secteur privé. Il a affirmé qu’il était ouvert à réparer la relation avec le secteur public, mais que les deux doivent essayer.

Cela semble improbable sans une abrogation du projet de loi 124. Si rien ne bouge bientôt, le SCFP-Ontario prévoit redémarrer sa campagne visant à repousser le projet de loi, de dire Fred Hahn. Mais il a dit qu’il allait d’abord écrire au premier ministre pour lui demander une rencontre.

« Et nous espérons que tout ira pour le mieux », a-t-il affirmé.

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